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Mardi 27 décembre 2005

Directeur des Ressources Humaines

 

Généralement on parle de DRH pour aller plus vite, car le temps manque pour tout prononcer lorsque l’on ne répond plus aux critères de beauté de l’entreprise. Le DRH, donc, est un être foncièrement méchant qui dispose du pouvoir suprême de recruter ou de licencier des collaborateurs. Vous imaginez ? Il dit « Oui » et c’est champagne millésimé, il dit « Non », et c’est du whisky Capt’ain Grant.

 

Pourtant la vie de ce vigile au col blanc est un enfer car il n’a pas le droit d’écouter ses émotions. Il est régulièrement obligé de mentir aux nouveaux arrivants en leur affirmant que l’entreprise fera tout pour qu’ils s’épanouissent. Et à ceux qui partent en leur disant qu’il les remercie pour leur travail, jouant honteusement sur les mots. 

 

Gérer des hommes, c’est gérer des problèmes. Partant de ce constat la vie professionnelle d’un DRH est donc une gestion structurée et hiérarchisée de problèmes au quotidien. Comme si la croix n’était pas assez lourde à porter, le DRH se doit de garder une distance avec le personnel, c’est pour cela qu’on a toujours l’impression qu’il est triste à mourir. Or c’est faux ! C’est peut-être un vrai déconneur, mais personne ne doit le savoir, c’est sérieux les Ressources Humaines. Ajoutez à cela l’obligation d’être toujours bien habillé, bien coiffé….et vous aurez envie d’aller serrer votre DRH dans vos bras pour lui faire part de votre compassion. Ce que je vous déconseille vivement de faire, même après un pot. Tout ceci explique la relative similitude d’attitude entre un DRH et un Directeur de Pompes Funèbres. Quoique ce dernier soit de facto un tantinet plus inoffensif eu égard à sa clientèle triée sur le volet. 

  

Revenons donc sur les premiers mots de la définition citée en introduction. « Le DRH, donc, est un être foncièrement méchant qui dispose du pouvoir suprême de recruter ou de licencier des collaborateurs » Avouons qu’elle est quelque peu erronée et rectifions le tir pour rendre justice à cette profession de l’ombre. Le DRH est un individu déconneur et lubrique à qui l’on donne un déguisement de clown triste afin qu’il incarne l’âme de l’entreprise, qui dit oui, qui dit non. Non mais !

par Celec publié dans : Abécédaire
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Mardi 27 décembre 2005

Client

 

Carnet de chèque ambulant à qui il faut faire gober qu’il est le Roi,  et ce afin qu’il dépense le plus d’argent possible chez vous. Certains clients sont plus difficiles à convaincre que d’autres. Il devient alors nécessaire de créer des argumentaires de vente très élaborés, pour faire cesser les objections avant même qu’elles ne soient formulées. C’est le cas, par exemple, de toutes les ventes concernant des biens ou services dont le Client n’a pas du tout besoin. Le problème étant ici qu’il ne se rend pas compte de la pression subie par les commerciaux et qu’il persiste à dire qu’il n’est pas intéressé, sans se rendre compte des conséquences de ses actes. Face à ce type de comportement égoïste et obtus, il existe des moyens de lui faire entendre raison. Cela s’appelle la vente et c’est un métier à part entière, même si cela parait un peu fou.

 

Avant d’aller plus loin, un peu de vocabulaire s’impose. Si le client ne vous a rien acheté mais que vous avez un bon feeling, c’est un suspect. Si la chair de poule initiale a cédé la place à un entretien, il devient un prospect. Et s’il achète, il est Client, avec un C majuscule de préférence. Contre toute attente, c’est là que les vrais emmerdements commencent. Il s’agit désormais de réaliser pour le client ce que le commercial s’est engagé à faire. Avec toute l’originalité et la déstructuration d’esprit propre à cette profession artistique. Ainsi sa première livraison n’est pas effectuée en 24 heures comme il l’avait exigé, question de vie ou de mort.

 

Pas parce que le Commercial a oublié le délai de fabrication. Plutôt à cause du transporteur qui est un con et que l’on envisage de changer. Puis sa livraison arrive 15 jours plus tard mais il y a un problème : le produit n’est pas tout a fait celui commandé, et la couleur est carrément différente. Pas parce que le commercial a vendu l’ancienne collection dont certaines couleurs ne se font plus. Plutôt parce l’usine a remplacé la gamme par quelque chose de bien mieux et normalement plus cher mais qu’on veut bien lui laisser au même prix, quel veinard.

 

Bref, le Client est un chieur difficile à convaincre, qui n’arrête pas de gueuler pour avoir satisfaction et qui menace sans arrêt de se tirer quand on se fout se gueule. A se demander pourquoi on court après.

par Celec publié dans : Abécédaire
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Mardi 27 décembre 2005
Briefing 
 
Moment de détente et de partage, généralement organisé autour d’un café et sans réelle contrainte horaire. Tout briefing qui se respecte implique 0 préparation et se gère au feeling, idéalement en toute décontraction. C’est l’occasion pour les participants de démontrer qu’ils ont  quelques idées, que certains sujets les gonflent, ou encore que la motivation a ses limites que les compétences n’ignorent pas. Si le briefing est le contraire du débriefing, c’est probablement parce que l’ambiance y est bien meilleure. Il est toujours plus sympathique d’imaginer qu’à priori tout va bien se passer que de constater à posteriori que tout est parti en couilles.
 
Le ton d’un briefing se doit d’être assez décontracté, en essayant de marquer le moins possible l’aspect hiérarchique des participants. Chacun doit avoir l’impression qu’il peut librement s’exprimer et ne doit en aucun cas se douter que tout ce qu’il dira pourra être retenu contre lui (notamment  lors du débriefing).
 
L’optimisme est de rigueur : ça va marcher, on y croit. On tente d’imaginer ce qui pourrait bien arriver et qui risque de gripper cette merveilleuse idée du Patron qu’il faut désormais aller vendre sur le terrain.
Il n’est pas rare que le briefing soit ponctué de brefs éclats de joie. Ceux-ci sont généralement dus à une émulation collective. Ces débordements euphoriques non contrôlés sont en quelque sorte le « pendant » des reniflements du débriefing. Le sentiment d’appartenance à l’entreprise est très marqué à cet instant. On est là pour une mission bien précise et il faut réussir. On ne sait pas encore que de la théorie à la pratique il n’y a qu’un pas que le patron ne franchit que très rarement. Une étude révèle que 82% des cadres affirment apprécier l’exercice du briefing, contre 12 % pour le débriefing. C’est bon signe. Les collaborateurs qui préfèrent imaginer les choses plutôt que de les réaliser ont un très fort potentiel pour des fonctions managériales où c’est une qualité reconnue et appréciée.
par Celec publié dans : Abécédaire
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Mardi 27 décembre 2005

Actionnaire

Individu fragile mais riche dont l’espérance de vie, en pleine possession de ses moyens, est estimée à 110 ans en 2005, 7 minutes lors d’une escapade en plein moyen âge, et 17 secondes pour une balade en forêt préhistorique (tout juste le temps de faire craquer une branche). L’évolution de l’homme étant ce qu’elle est,  les jours de l’actionnaire ne sont plus en danger. Demi Dieu des Dieux des Directions Générales, l’actionnaire est un être profondément gentil et dévoué qui prête bien volontiers ses sous sans jamais en faire état. Une bonne action ne doit pas nécessairement être connue de tous, tel est son sacerdoce.

Chose admirable, ils sont de plus en plus nombreux à choisir cette voie. Mais vous remarquerez que l’on continue à parler de l’Actionnaire comme d’une seule et unique entité. C’est probablement une marque de respect et c’est la moindre des choses. Vous en connaissez beaucoup, vous, des gens qui prêtent leur argent sur des seules promesses ? Ce courage force le respect et tend à créer autour de l’actionnaire une véritable spirale vertueuse. Et puis sans lui, plus de travail. Donc, plus de téléviseur LCD compatible haute définition. Plus de téléphone portable avec fonction vidéo intégrée. Plus d’abonnement aux bouquets numériques. Plus de 4X4 : tout le monde en Kangoo et que ça saute. Beaucoup préféreraient mourir que de se voir privés de toutes ces choses essentielles, et c’est bien naturel en ces temps modernes.

Heureusement nous n’en sommes pas là, et il nous faut continuer à travailler sans relâche pour prouver à l’Actionnaire notre bonne volonté et notre amour en Sa Personne. Dernièrement quelqu’un m’a apostrophé en pleine rue. « L’actionnaire s’enrichit sur notre dos ! » a hurlé l’inconscient. Quelle idée ! On marche sur la tête, ai-je songé, c’est le monde à l’envers !

 

par Celec publié dans : Abécédaire
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Humeur du moment

"C'est comme la fin du siècle, on aura tout compris, même les shérifs, ceux qu'on achète, on les distingue mal des bandits, on a tout eu, ce fut un siècle formidable, quelques malentendus seulement, des histoires...des histoires..." Noir Désir 1996

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