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Licenciement
Sacrifice rituel d'un package de collaborateurs dans la perspective de rassurer un bouquet d'actionnaires inquiets. Choix qui s'impose à toute Direction Générale un jour ou l'autre, et à tout salarié un jour ou l'autre aussi. Plutôt l'autre s'il vous plait.
Les conséquences les plus graves ne sont étonnamment pas pour les heureux élus qui partent se ressourcer quelque temps bien malgré eux. Mais pour leurs collègues, qui restent et qui vont se voir confier une nouvelle mission de productivité: remplacer temporairement les absents qui ont définitivement tort.
L'acte de licenciement peut parfois être un simulacre de tendresse: notamment lorsque le DRH tient à remercier personnellement les collaborateurs pour leur implication et leur souhaite bonne chance dans leurs projets professionnels. Les ex-collaborateurs, qui n'ont pas vraiment de projet professionnel, se demandent si une telle implication était vraiment nécessaire, finalement. En rentrant chez eux, ils allument la télévision et apprennent que l’action de leur entreprise a bondi de 7% depuis l’annonce du « dégraissage ». Ils auraient dû en acheter, tout compte fait.
L’actionnaire jubile, il a crié « Yes ! » lorsque l’information de la restructuration est tombée et il frôle le décollement rétinien à force de fixer les graphiques du jour. Que du bonheur. Les licenciés les plus vernis passent récupérer un pécule. Les autres leurs indemnités légales. Parfois aussi une accolade franche et sincère, c’est « cadeau ».
Le Directeur Général touche un bonus pour contribution à la valorisation de l’action de l’entreprise et vérifie, au cas où, que son golden parachute est correctement plié sous sa veste et bien sanglé sur sa chemise. Que ses collaborateurs continuent à croire qu’il porte des bretelles, en attendant ce n’est certainement pas lui qui va se serrer la ceinture !
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"C'est comme la fin du siècle, on aura tout compris, même les shérifs, ceux qu'on achète, on les distingue mal des bandits, on a tout eu, ce fut un siècle formidable, quelques malentendus seulement, des histoires...des histoires..." Noir Désir 1996
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