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Bienvenue dans le monde merveilleux de la génération portable. Ordinateur portable, téléphone portable. Portons, portons. Travailler n’importe où, travailler n’importe quand : on ne peut décemment pas dire que l’entreprise n’essaie pas de nous faciliter la vie. Enfin, de nous faciliter le travail, c’est pareil.
C’est ainsi que, bon gré mal gré, les emmerdements deviennent eux aussi portables. On ne laisse plus ses soucis sur le lieu de travail : on les solutionne en soirée, en week-end, en RTT, en les envoyant aux collègues. C’est merveilleux la technologie. Grâce à elle, l’homme peut atteindre le Saint Graal de l’actionnaire : l’extrême limite de sa productivité. Certains scientifiques murmurent qu’elle pourrait se trouver bien au delà du sommeil, à condition toutefois de ne dormir que d’un œil et de rester connecté avec l’autre. Ca fait rêver, non ?
Hélas, loin de d’être reconnaissants, les cadres modernes avouent traverser une crise d’identité et s’identifieraient de moins en moins à leur entreprise. Pire, seuls 30% d’entre eux affirment se sentir impliqués. Dans ces conditions, la technologie portable se heurte à la volonté humaine qui met en péril les fabuleux enjeux de « l’homme connecté ».
Alors baroud d’honneur avant le clonage final, ou mouvement d’humeur avant une prise de conscience générale ? L’avenir nous le dira. Dans le doute la science avance et continue de rendre portable tout ce que nous pouvons porter. Et de connecter tout ce qui peut l’être. Le temps réel devient réel, avec son cortège de bonheurs. Tout peut se produire en même temps et cela arrive parfois. Vous pouvez ainsi être en réunion, répondre à vos emails, recevoir des appels clients sur votre téléphone portable et converser avec votre femme par messagerie instantanée. Ce n’est pas un problème : ce sont des problèmes.
Illustration: un week-end à la campagne en 2025.

"C'est comme la fin du siècle, on aura tout compris, même les shérifs, ceux qu'on achète, on les distingue mal des bandits, on a tout eu, ce fut un siècle formidable, quelques malentendus seulement, des histoires...des histoires..." Noir Désir 1996
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